Gea Cereghetti (ETHZ 2024)

La découverte des antibiotiques a été déterminante dans l’histoire de la médecine, car elle a permis à l’humanité de se doter d’un puissant moyen de défense contre les infections bactériennes.

Toutefois, cet avantage est aujourd’hui menacé par la montée en puissance, à l’échelle mondiale, des bactéries résistantes aux antibiotiques. Ces pathogènes résistants réduisent à néant des décennies de progrès médicaux, font renaître des maladies mortelles et mettent en péril des traitements tels que la chirurgie ou la chimiothérapie. D’ici à 2050, la résistance aux antibiotiques devrait causer plus de décès que le cancer, soit 10 millions de morts et un coût annuel de 100 000 milliards de dollars. C’est pourquoi l’Organisation mondiale de la santé considère la résistance aux antibiotiques comme l’une des principales menaces pour la santé publique aujourd’hui et appelle à une action immédiate pour assurer l’avenir de la médecine et de la santé publique.

Le projet « MicroResist » vise à répondre à cette crise en développant de nouvelles technologies pour résoudre deux problèmes fondamentaux : le besoin de traitements antibiotiques personnalisés et le manque de nouveaux antibiotiques. En combinant la microfluidique de pointe avec la médecine personnalisée et la découverte de médicaments, nous visons à développer des dispositifs qui aideront les médecins à choisir le meilleur type d’antibiotique et le meilleur dosage pour chaque patient et qui permettront aux scientifiques de développer et de tester rapidement des classes d’antibiotiques radicalement nouvelles.

Ces innovations accéléreront la découverte d’antibiotiques et feront des traitements personnalisés une réalité, ce qui nous rapprochera de la fin de la résistance aux antibiotiques.