Naïg Chenais (EPFL 2023)

La dégénérescence de la rétine est la pathologie ophtalmique qui engendre le plus de handicaps visuels dans la population active en Suisse et en Europe. Les dystrophies rétiniennes héréditaires notamment se caractérisent par la mort précoce des photorécepteurs, les cellules photosensibles de la rétine, et la perte progressive et irréversible du champ de vision.

L’hétérogénéité génétique des patients constitue un frein majeur au développement de traitements. Une approche prometteuse consiste à agir en aval de l’expression génétique, ciblant les mécanismes cellulaires pour offrir des solutions adaptées à différents types de mutations, y compris celles non identifiées.

Pour développer une telle thérapie neuroprotectrice, il est crucial de comprendre les photorécepteurs à l’échelle subcellulaire. Les photorécepteurs sont des cellules très compartimentées et une meilleure connaissance des nanodomaines qui les composent, et de leur altération au cours de la dégénérescence est nécessaire pour identifier des cibles thérapeutiques communes.

Ce projet ambitieux, mené à l’Hôpital Ophtalmique Jules Gonin, combine neurosciences fondamentales et applications thérapeutiques. L’objectif est de démontrer les processus cellulaires à l’œuvre dans les nanodomaines, puis de valider la spécificité des cibles thérapeutiques à travers des tests structurels et fonctionnels. De plus, cette approche sera validée à l’aide de modèles innovants de rétine in-vitro, garantissant ainsi son applicabilité chez l’humain.